Faut-il publier les images de ses enfants sur les réseaux sociaux ?

Instagram, Facebook… Nombreux sont les parents à poster sans retenue les bouilles de leurs enfants sur les réseaux sociaux sans avoir protégé leur compte. Tout le monde surfant sur la Toile peut donc accéder à ces contenus montrant ces bambins dans des situations quotidiennes plus ou moins attendrissantes et reluisantes pour l’enfant concerné. Bébé sur le pot, bébé mangeant avec les doigts, bébé aux jeux, ….
Cette exposition médiatique émane de parents bien intentionnés… alors où est le problème ? « Internet n’est pas un album photo privé », rappelait la police de Brandebourg dans un message posté sur Twitter en novembre dernier. Dit autrement, les images que vous publiez en toute transparence et sans aucun filtre sur les réseaux sociaux ne sont plus votre propriété dès qu’elles tombent dans l’escarcelle du Net. Outre-Rhin, la question du droit à l’image pour les enfants s’invite dans le débat public à la faveur d’une campagne de sensibilisation des parents. #ErstDenkenDannPosten : « Réfléchissez avant de poster » est le hashtag (#mot-dièse) déployé sur les réseaux sociaux en parallèle de la campagne d’affichage. Objectif : inviter les parents à réfléchir avant de poster des images de leur progéniture sur Instagram et Facebook sans leur consentement et dès leur plus jeune âge.

Cette campagne souligne que le droit à l’image des enfants appartient aussi aux enfants. Et s’il est géré de concert avec les parents, rien ne garantit qu’à l’âge adulte, l’enfant ne se retourne contre eux pour des parutions le mettant en scène sans son accord des années plus tôt. Justine Atlan, directrice de l’association e-enfance, définit les contours du débat, sur France inter : « Il est difficile de dire aux parents qu’ils commettent une faute en postant les photos de leurs enfants ou de leurs adolescents sur Facebook. Mais ils doivent savoir qu’ils construisent une e-réputation à leurs enfants, sans leur accord finalement. »

Droit à l’image et impact psychologique

Que dit la loi ? Le droit à l’image est encadré par l’article 226-1 du Code pénal qui prévoit un an de prison et 45 000 euros d’amende pour « le fait, au moyen d’un procédé quelconque, volontairement de porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui ». Dans le cas présent « en fixant, enregistrant ou transmettant, sans le consentement de celle-ci, l’image d’une personne se trouvant dans un lieu privé ».

Des cas d’enfants en « guerre » contre leurs parents pour des photos sur les réseaux sociaux ont fait la Une récemment. Ainsi en septembre 2016 une jeune Autrichienne de 18 ans a décidé de poursuivre en justice ses parents pour avoir posté près de 500 photos personnelles d’elle sur Facebook, pendant sept ans. Cette affaire est encore isolée mais pointe une problématique qui pourrait prendre de l’ampleur dans le futur. Elle pointe aussi en filigrane le potentiel traumatisme psychologique pour certains enfants concernés.

Sans compter qu’outre le droit à l’image, le partage de photos de ses enfants non floutés sur la Toile présente aussi le risque d’attirer les prédateurs sexuels si les clichés sont partagés en mode « public ».

Kinderrechte im digitalen Raum: Sehr viele Erwachsene haben ein fehlendes Problembewusstsein, wenn es um die Veröffentlichung von Informationen oder Bildern ihrer Kinder über Soziale Medien geht. Mehr zur Kampagne auf https://t.co/EFMfC5eoiY #ErstDenkenDannPosten @DKHW_de pic.twitter.com/LGMJ6AUz9s

— Medienzentrum HD (@medienz_hd) 9 janvier 2018

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