Un anticorps pour réduire les crises de migraine

Douloureuses et invalidantes, les migraines touchent en moyenne 30 % de la population mondiale. Ces céphalées, deux fois plus fréquentes chez les femmes, se manifestent sous forme de crises plus ou moins intenses et durables. Quand elle dure plus de 15 jours on parle de migraine chronique. Réduire la sévérité et le nombre de ces épisodes de migraine constitue un enjeu sanitaire sur lequel se sont penchés des chercheurs du King’s College de Londres.

Leurs travaux parus dans la revue New England Journal of Medicine (NEJM)ouvrent la voie à une nouvelle approche thérapeutique qui permettrait de diminuer sensiblement la durée des migraines. Le traitement prometteur repose sur l’érénumab. Les injections de cet anticorps pourraient à terme réduire la durée des crises voire les prévenir. Le traitement expérimental à base d’érénumab cible et inhibe le CGRP, un peptide relié au gène de la calcitonine, impliqué dans la douleur et la sensibilité au son et à la lumière, symptomatiques de la migraine. Les chercheurs britanniques ont mené un test pendant six mois sur 955 patients souffrant de migraine épisodique. Au début de l’expérience, les patients souffraient de migraines en moyenne huit jours par mois. 317 patients en reçu une injection sous-cutanée de 70 mg d’érénumab, 319 en ont reçu 140 mg, et 319 patients se sont vus administrer un placebo.

Résultat, 50 % des participants traités avec une dose à 140 mg ont constaté une réduction de moitié du nombre de jours de migraine par mois.

Une efficacité encourageante mais à confirmer

Autre enseignement encourageant de l’étude, les patients traités avec l’érénumab ont également amélioré leur santé physique et leur faculté à participer aux activités quotidiennes au cours de la période d’essai. L’érénumab s’est également révélé efficace et tolérable à long terme avec un profil d’innocuité comparable à celui du placebo, pointent les auteurs.

Des travaux supplémentaires doivent être menés pour confirmer ces premiers résultats. « Les effets [de la migraine] peuvent durer des heures – voire des jours dans de nombreux cas, a réagi Simon Evans, directeur de l’association de soutien britannique Migraine action, cité sur le site du King’s College de Londres. Une option qui peut prévenir la migraine et qui est bien tolérée est donc absolument nécessaire et nous espérons que cela marque le début d’un véritable changement dans la façon dont cette maladie est traitée et perçue.

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