Antibiorésistance : l'ONU met la planète en garde

Les bactéries, après une surconsommation d’antibiotiques depuis des dizaines d’années, ont commencé à devenir résistantes à ces substances. Ce phénomène cause de nombreux problèmes pour soigner les infections et est considérée, par l’Organisation mondiale de la Santé, comme étant l’une des « plus graves menaces pesant sur la santé mondiale ». C’est l’ONU qui vient désormais de tirer la sonnette d’alarme dans le cadre d’une étude du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Ce rapport, intitulé « Frontières 2017», aborde la dimension environnementale de la résistance aux antimicrobiens. Cette dernière est causée par le rejet de médicaments et de certains produits chimiques provenant des hôpitaux et foyers, mais aussi du milieu agricole. Cours d’eau, sols et sédiments sont alors pollués par de fortes doses d’antibiotiques.

« De superbactéries féroces »

D’après le PNUE, l’utilisation d’antibiotiques destinés aux êtres humains a augmenté de 36% au cours du XXIe siècle. Les bactéries, obligées de se défendre contre les antibiotiques qu’elles rencontrent, mutent et développent des gènes de résistance qu’elles pourront transmettre à d’autres bactéries. À l’échelle mondiale, environ 700.000 personnes meurent d’infections résistantes chaque année car les médicaments ne font plus effet.

Erik Solheim, directeur exécutif du PNUE a déclaré que « l’avertissement dispensé dans ce rapport est vraiment effrayant. Les humains pourraient participer au développement de superbactéries féroces en raison de notre ignorance et de notre négligence ». Une problématique qui pourrait s’aggraver car le rapport explique que la consommation d’antibiotiques par le bétail devrait augmenter de 67% à l’horizon 2030.

Consommer et rejeter moins d’antibiotiques

Afin de résoudre ce problème, le PNUE estime que la première étape est d’étudier « l’utilisation et l’élimination des produits pharmaceutiques antibiotiques ainsi que la libération de médicaments antimicrobiens ». Le but serait de déterminer quels antibiotiques restent bioactifs une fois libérés dans l’environnement, ou encore d’améliorer le traitement des eaux usées.

En France, notre consommation d’antibiotiques est en moyenne 30% plus élevée que celle des autres pays d’Europe. Or, dans 30 % à 50% des cas, cela est inutile. C’est pourquoi il y a un an, le Comité intergouvernemental a élaboré une feuille de route visant à mieux sensibiliser la population, utiliser plus judicieusement les antibiotiques, soutenir la recherche et l’innovation et enfin, renforcer la surveillance. À terme, le but est de réussir à réduire notre consommation d’antibiotiques de 35% d’ici fin 2018.

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