Diabète de type 2 : quand prescrit-on des médicaments ?

Lorsque les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas à retrouver une glycémie normale, un traitement à base de comprimés est nécessaire. « En premier lieu, on recommande la metformine (Glucophage® ) » indique le Pr Éric Renard, chef du service d’endocrinologie, diabète, nutrition au Centre hospitalier universitaire de Montpellier. Un médicament qui a fait ses preuves puisqu’il est commercialisé en France depuis 1953 !

« Si la metformine ne suffit pas, la Haute Autorité de Santé recommande la prescription de sulfamides (Amarel®, Daonil®…) » ajoute le spécialiste. Ces médicaments stimulent la sécrétion d’insuline par le pancréas. Parfois, ils dépassent leur but et peuvent entraîner des hypoglycémies. « Pour cette raison et aussi parce qu’ils ont tendance à faire prendre du poids, les diabétologues préfèrent parfois prescrire des inhibiteurs de la DDP4 (Galvus®, Januvia®…) qui stimulent également la sécrétion d’insuline. Ils sont apparus il y a une dizaine d’années », explique le Pr Renard.

Quand faut-il passer aux piqûres d’insuline ?

Les traitements injectables constituent le traitement de dernier recours lorsque le diabète progresse et que les anti-diabétiques oraux ne suffisent plus. On pense bien sûr à l’insuline mais depuis 2008, une nouvelle classe de médicaments injectables, les analogues du GLP-1 (Victoza®, par exemple) sont venus concurrencer l’insuline. Ces derniers coûtent 2 fois plus cher que l’insuline mais ils ont l’avantage de ne pas faire prendre de poids. Ils semblent par ailleurs diminuer le risque cardiovasculaire et exercer un effet bénéfique sur la stéatose hépatique (moins de gras dans le foie) .

« Depuis un peu plus d’un an, il existe également un médicament, le Xultophy® qui combine un analogue de l’insuline à action lente et un analogue du GLP-1 », détaille le Pr Renard.

Ce protocole de traitement est-il amené à évoluer ?

« Partout dans le monde, les recommandations pour la prise en charge du diabète de type 2 sont identiques : d’abord les mesures d’hygiène de vie, ensuite les antidiabétiques oraux et enfin les injections d’insuline », répond le Pr Rémi Rabasa-Lhoret, endocrinologue à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (Québec, Canada).

Mais l’endocrinologue franco-canadien participe à une vaste étude qui, si elle débouche sur des résultats positifs, pourrait modifier cette prise en charge progressive du diabète. « Nous essayons d’obtenir la rémission du diabète non pas via une perte de poids importante mais par l’administration, dès le début du diabète et pour une période de quelques semaines seulement, d’une combinaison d’insuline et d’antidiabétiques oraux. L’objectif est de mettre au repos le pancréas pendant quelques temps puis de se baser exclusivement sur les mesures de mode de vie sans médicament. Les résultats préliminaires ont montré un taux de rémission d’environ 40 % » se félicite le médecin.

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