Avortement : dans la moitié des cas, il y a un risque pour la femme

Près de la moitié des avortements réalisés chaque année dans le monde (25,5 millions sur un total de 55,7) ne sont pas réalisés pas dans des conditions de sécurité suffisantes pour les femmes, selon les résultats d’une étude de l’Organisation mondiale de la Santé, publiée dans la revue médicale The Lancet.

L’Organisation mondiale de Santé avec les chercheurs de l’institut américain Guttmacher, spécialisé dans le contrôle des naissances ont mené cette étude pour établir les conditions de santé et de sécurité dans lesquels ont réalisés les avortements.

Ils ont établi une échelle de trois niveaux pour analyser le plus précisément les pratiques d’avortement: « sûres », « moins sûres » et « les moins sûres ».

Des chiffres alarmants

Sur les 55,7 millions d’avortements qui ont eu lieu chaque année, ils ont estimé que 30,6 millions (54,9%), étaient réalisé dans les conditions fiables et sécuritaires pour la femme. En revanche, 30,7% (17,1 millions) des avortements sont considérés comme « moins sûrs ». Ils ont été réalisés par un personnel formé mais avec une méthode datée (comme par exemple le curetage), ou à l’inverse avec des moyens sûrs (dont l’usage du misoprostol, un médicament largement utilisé) mais en l’absence de personnel compétent.

Les chercheurs ont aussi compté 8 millions d’avortements (soit 14,4%) « les moins sûrs » car réalisés par des personnes non qualifiées qui pratiquent des méthodes dangereuses et/ou invasives (ingestion de substances caustiques, insertion de corps étrangers, utilisation de breuvages traditionnels…).

Des différences géographiques

Dans les pays développés, 87,5% des avortements sont considérés comme « sûrs », à l’exception de l’Europe de l’Est, où la proportion des avortements considérés comme pas suffisamment sûrs est plus élevée qu’en Europe de l’Ouest (14,2% contre 6,5%), « sans doute en raison de la persistance de pratiques médicales datées comme le curetage », rappelle l’étude.

Les conclusions ont établi que la proportion d’avortements « sûrs » est de 25% ou moins dans la plupart des régions d’Afrique et d’Amérique Latine.

« La plus haute proportion d’avortements sûrs est observée dans les pays où les lois sont les moins restrictives, qui ont un haut niveau de développement économique et des infrastructures de santé développées », note l’auteur principal de l’étude, le docteur Bela Ganatra de l’OMS.

Des efforts accrus sont nécessaires, en particulier dans les pays en développement, pour assurer l’accès à un avortement sécuritaire.

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