Le glyphosate disparaîtra du marché français d'ici 2022

Le glyphosate fait aujourd’hui beaucoup parler de lui. Entre des consommateurs inquiets, des agriculteurs en colère, et un gouvernement en ébullition, une chose est sûre, ce pesticide ne laisse personne indifférent. Longtemps connu à travers le Roundup, produit phare de la firme américaine Monsanto, le glyphosate est au cœur d’un scandale sanitaire après avoir été retrouvé dans plusieurs produits couramment consommés.

Qu’est-ce que le glyphosate et que lui reproche-t-on ?

Cet herbicide détruit toutes les plantes qui n’ont pas été génétiquement modifiées pour le tolérer. Seul, le glyphosate n’a pas beaucoup d’effet, mais les industriels y ajoutent des « surfactants » ou « tensioactifs », c’est-à-dire des produits chimiques permettant de rendre la molécule plus active et de faciliter son absorption par les plantes.

Dans les années 70, ses propriétés herbicides ont été brevetées par l’entreprise Monsanto, il a alors été commercialisé sous le nom de Roundup. Depuis, ce brevet est tombé dans le domaine public et son efficacité en a rapidement fait le désherbant le plus utilisé dans le monde.

En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), rattaché à l’OMS, classait le glyphosate dans la catégorie cancérogène pour l’animal et «cancérogène probable» pour l’homme et a été retrouvé dans 100% des urines testés. Cette catégorisation a été rejetée par les évaluations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Cependant, d’autres études ont suivi, venant appuyer ces craintes.

Déjà prohibée depuis le 1er janvier 2017 pour les collectivités dans les espaces ouverts au public, l’utilisation du glyphosate sera officiellement interdite aux particuliers « au 1er janvier 2019 », a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe, avant de confirmer l’engagement du gouvernement à « obtenir avant la fin du quinquennat des progrès significatifs vers l’interdiction de l’usage des substances dangereuses et vers une agriculture moins dépendantes des pesticides ».

Des agriculteurs en colère

En signe de protestation contre cette interdiction, 200 agriculteurs ont bloqué les champs Elysées ce vendredi 22 septembre. En effet, ils jugent ce produit indispensable à leur travail, et nécessaires à la conservation de « l’excellence agricole française ».

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) a, de plus, peur qu’une concurrence se crée avec les produits importés. Selon une analyse d’Ipsos récemment révélée par Le Figaro, retirer l’herbicide le plus utilisé d’Europe du marché français coûterait deux milliards d’euros à la filière agricole.

Le gouvernement leur a assuré que la sortie « progressive » du glyphosate en France se ferait « avec méthode et dialogue », dans le cadre notamment des états généraux de l’alimentation. D’ici la fin de l’année, un plan de sortie ainsi que des alternatives pour les agriculteurs, seront proposés par le ministère de l’Agriculture et de l’alimentation et le ministère de la transition écologique et solidaire.

La France face à l’Europe

Un vote consultatif devrait se dérouler autour du 5 ou 6 octobre prochain à Bruxelles sur la prolongation potentielle de l’usage de glyphosate dans l’Union européenne. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert avait suggéré que la France propose de prolonger de « cinq à sept ans » l’autorisation de l’usage du désherbant controversé au sein de l’UE, au lieu des dix ans souhaités par la Commission. Une chose est sûre, la France votera contre « la ré-autorisation du glyphosate pour 10 ans ». Cette durée est jugée « trop longue compte tenu des incertitudes qui subsistent sur ce produit », rappelle le Premier ministre Edouard Philippe, ce lundi 25 septembre.

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